Churchill Falls : un expert craint l’incidence des changements climatiques
Un professeur à l'Université Dalhousie s’inquiète de la possible vulnérabilité des installations hydroélectriques sur le fleuve Churchill face aux changements climatiques. Larry Hughes, un membre fondateur du MacEachen Institute for Public Policy et professeur d'ingénierie électrique et informatique, craint notamment que l’imprévisibilité des précipitations ait un impact sur les niveaux d’eau – c’est-à-dire la quantité d’énergie stockée – dans les réservoirs en amont de la centrale de Churchill Falls. En décembre, les premiers ministres de Terre-Neuve-et-Labrador et du Québec ont annoncé en grande pompe une nouvelle entente de principe sur 50 ans portant sur Churchill Falls – un accord provisoire qui revoit à la hausse le prix de l’électricité produite à la centrale, mais qui ouvre aussi la voie à la construction de nouveaux ouvrages au Labrador. Le protocole d’entente vise à augmenter la capacité de la centrale existante et permet à Hydro-Québec de construire de nouvelles installations, à Churchill Falls et à Gull Island, dont la grande proportion de la production sera réservée aux consommateurs québécois. Larry Hughes est membre fondateur du MacEachen Institute for Public Policy et professeur au département d'ingénierie électrique et informatique à l'Université Dalhousie à Halifax. Photo : Gracieuseté - Université Dalhousie / Nick Pearce Selon Hydro-Québec, les barrages de la société d’État étaient moins productifs (nouvelle fenêtre) au cours des deux dernières années, le résultat de couverture de neige peu abondante, de la crue printanière moins importante que d'habitude et de précipitations modestes. Les niveaux d’eau ont aussi fait chuter les revenus de la centrale de Churchill Falls en 2023, selon Hydro Terre-Neuve-et-Labrador. Le PDG d’Hydro-Québec a toutefois souligné lundi que Le PDG d'Hydro-Québec, Michael Sabia (à gauche), et la PDG d'Hydro Terre-Neuve-et-Labrador, Jennifer Williams, se sont rencontrés à Churchill Falls lundi. Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz et Paul Daly Larry Hughes reconnaît qu’Hydro-Québec prévoit une hausse (nouvelle fenêtre) de 5 à 10 % des précipitations dans le nord du Québec, mais se demande si elles tomberont sous forme de neige ou de pluie. Jennifer Williams a souligné lundi que les équipes d’Hydro T.-N.-L. et d’Hydro-Québec gèrent leurs réservoirs de façon très prudente pendant des périodes de faible hydraulicité.Nous supposons que les niveaux historiques de pluie et de neige à Churchill Falls, à Muskrat Falls et maintenant à Gull Island seront les mêmes à long terme. Mais on constate des niveaux plus élevés de sécheresse au Québec et au Labrador
, soutient le chercheur basé à Halifax.Il faut se poser ces questions
, soutient Larry Hughes, notant que les impacts inattendus des changements climatiques n’ont jamais été évoqués lors du débat parlementaire sur l'entente de principe qui a eu lieu en janvier à la Chambre d’assemblée de Terre-Neuve-et-Labrador.
Hydro-Québec et Hydro T.-N.-L. se veulent rassurantes
le problème de l'hydraulicité est essentiellement un phénomène cyclique.
Des experts qui sont indépendants d'Hydro-Québec prévoient une augmentation de la précipitation dans le nord du Québec et également au Labrador. Donc, nous ne sommes pas très préoccupés à moyen et à plus long terme
, a poursuivi Michael Sabia, de passage à Churchill Falls pour des discussions avec sa vis-à-vis d’Hydro T.-N.-L., Jennifer Williams.
Ce qu’on voit est normal
, a ajouté cette dernière. Hydro-Québec et notre équipe, ici à Churchill, sont les mieux placées pour évaluer les risques et surveiller l’hydraulicité. Aucune partie ne proposerait les projets s’il existait un risque trop important du point de vue du changement climatique.
La neige s’accumule pendant l’hiver puis fond progressivement au cours du printemps et de l’été, ce qui permet de maintenir l’énergie stockée en amont des barrages
, explique-t-il. Cependant, si les précipitations tombent sous forme de pluie, elles passent directement dans le réservoir et risquent d’être déversées.
Notre système est en bon état. Nous avons des équipes capables de faire les analyses nécessaires, dont les analyses historiques, pour bien gérer ces actifs
, assure-t-elle.
Advertising by Adpathway









